Saturday, 21 February 2009

Hommage a Iwiye Kala-Lobe

HOMMAGE à : 

Iwiyè KALA-LOBE 
* 1917-1991

- Secrétaire du Roi Sawa, Allexandre DULA-BELL

- Administrative Manager de la Société Africaine de Culture 
1er Festival Mondial des Arts Nègres, Dakar, 1964
2ème Festival Mondial des Arts Nègres, Lagos, 1977

- Vice-Doyen des Journalistes Africains



   L'HOMMAGE :


                     " AROUND IKA "

  THEMES de la TABLE RONDE :
 
 - Journalisme et clause de conscience, en Afrique et dans sa diaspora ;
 - le devoir d'informer, l'obligation d'instruire ;
 
 - De la nécessaire traçabilité entre l'actualité passée et la place du monde noir dans les media, ainsi que celles des media africains dans le monde d'aujourd'hui ;


BIOGRAPHIE ( en bref )
 
 Iwiyé Yèsco Ernst KALA-LOBE, est né le 15 Novembre 1917, à Douala, Cameroun, de Ndumbè et Maria KALA-LOBE, qui venaient juste de perdre un fils en bas âge, en 1916. Un malheur n'arrivant jamais seul, son père décède l'année suivante.Ndumbè était le fils d' Eless Kala-Lobè, un Njako n' Ebellè, de Bona Njoh, canton Bell, et de Gnake Dikumé, une Bona Mbulè d'Aboo.
 Nous sommes en 1918, Iwiyé a un an à peine. Sa mère Maria, ( qu'il appelait Inyii ), née Mandessi-Bell, se remarie plus tard, à Douala toujours, avec  W. Diop, Tirailleur Sénégalais de son état. Naissent Suzanne et Christianne. C'est alors qu'Inyii-Maria, suivant son mari, embarque pour Dakar avec les filles. Elle laisse Iwiyé avec son grand-père, David Mandessi Bell, qui finira par l'envoyer rejoindre sa mère, excédé par le refus de son petit-fils (son premier petit enfant ! né de son premier enfant à lui David !) de faire des études de médecine à Ayos ! Et devenir médecin africain.
Le motif de ce refus ? " Ma vocation, c'est d'être journaliste ! " dira le jeune Iwiyé au directeur de l'Université de Médecine, qui, interloqué, lui demanda s'il savait bien ce que signifiait  " vocation " !
En ces temps, les trois premiers de l'École Supérieure de Yaoundé,  déjà boursiers,  étaient prioritairement admis à Ayos. Son grand-père  dut rembourser sa bourse... 
David Mandessi Bell, procheami de Njoya, le sultan des Bamoun, avait été recueilli, à Aboo,  par Ndumb'a Loba ( le grand-père de Rudolph Duala Manga Bell), qui en fit son fils adoptif.
 C'est pour cela qu'à la  mort de Rudolph DMB ( exécuté par
les Allemands, en 1917 ),  David MB s'occupera de payer les études d'Alexandre , le fils de Rudolph, hértier au trône. Mandessi, en dwala, ça veut dire caprice. 
David avait pour épouse, Mounjonguè, gente dame de Bona Bèdi, sur l'autre rive du Wouri, où se trouvait l'arbre rituel - mukala njoo -  de la mantique sawa.
 Richissime planteur, David Mandessi-Bell était le plus gros exportateur de bananes de son temps. On retrouve quelques ambiance et atmosphère de ses vastes plantations dans le roman ( inédit ), de son petit-fils Iwiyé Kala-Lobè, " Muna Moto "( le Fils de l'Homme ).

 Iwiyè embarque  pour Dakar, en 1936, où la famille s'est agrandie des naissances de David ( le poète disparu dans un accident d'avion, en 1960, avec son épouse Yvette ), Thérèse et Adrien.
Iwiyé passe jeunesse et scolarité entre Douala et Dakar, et trouve le temps de  jouer au foot-ball tant à l'Oryx Club de Doula qu'à la Jeanne d'Arc de Dakar.
1939, il rencontre MISYLA, gente dame de Sao Tomé  et Principe,  vivant à Dakar. Naissent, de leur libre union, Victor, Augusta  et David ( 1941-1943).
 Iwiyé part ensuite pour la France, en 1946. Coïncidence, il embarque sur le même bateau, "le Cap Tourane", qui venait de débarquer, en provenance de Douala,  une certaine Sarah Béboï Kutta qui entrait à l'École Normale des Institutrices, de Rufisque. 
1946 donne  aussi le coup d'envoi de sa période Quartier Latin, avec les Gontran-Damas, Dadié, Césaire, Senghor et autres François Amorin, Jacques Rabemanjara et Alioune Diop, son beau-frrère ( qui a épousé sa soeur Christianne-Yandé ).
Son diplôme de journaliste obtenu, à Paris, en 1948, voici Iwiyé  à Douala, où il convole en premières noces, en mars 1949, avec Sarah Béboï. Aînée de safamille, Sarah est la fille du prince Malimba, Dipanda Kutta. Sa mère, Béma, née Duala Manga Bell, est la soeur ( même père ) du roi Rudolph Duala Manga Bell. Et la mère de Béma, Ma Titty, est d' Aboo,  comme la grandmère d'Iwiyé..
Sarah Béboï lui donne : Maria Engomè (1949-1999), Ndumbè Frédéric, Suzanne Béma, Thérèse Mbango, Adrien ( 1955-1955), Henri-David Lobè, Marlène et Georgette( les jumelles ), et Max-Christian Manga, tous nés à Douala, sauf ce dernier, né à Neuilly-sur-Seine, la famille s'étant envolé pour l'Ile-de-France, fin juillet 1963.

 Journaliste, Iwiyé - ou plutôt IKA, car tel était son surnom - devient le chroniqueur acidulé ( acide, lucide et adulé ) de la diaspora afronègre. Ainsi sa fameuse chronique " King fo' tolly ", en pidgin, tandis que les caricaturistes d'alors lui tiraient le portrait avec sa coupe plateau et son éternelle cigarette.

Après avoir accompagné, en France entre autre, le Prince Alexandre Duala Manga-Bell ( dont il était le Secrétaire ), de retour au Pays,  en 1952, il fonde " le Petit Camerounais " et collabore à " l'Eveil du Cameroun ", de 1953 à 1960. Participe deux ans au Ministère de l'information et de la Communication, à Yaoundé, en 1961-1962, avant de refuser d'être le premier directeur de l'École Supérieure de Journalisme de Yaoundé, fraîchement créée, fin 60-début 70'.

Mais ses fonctions d'Administrative Manager, à la Société Africaine de Culture, dè1957à 1991, l'accaparent de plus en plus. Tout en continuant de
participer au comité de lecture de Présence Africaine éditions, ainsi qu'à la rédaction de la revue Présence Africaine.
Ika écrit, en 1981, un livre sur l'historique roi martyr Sawa, " Rudolph Duala Manga Bell " ( éd. NEA-Présence Africaine), ayant été le Secrétaire d'Alexandre, le fils de Rudolph .

 Décédé le 7 Octobre 1991, à Colombes, en Île de France, Iwiyé KALA-LOBE, Vice Doyen des journalistes africains, sera enterré au cimetière de Njôh Njôh, à Douala.

IKA nous laisse bien évidemment quelques écrits et moult articles.
 Mais c'est surtout son extraordinaire simplicité de vivre sa si enrichissante humanité qui restera son legs le plus significatif.







INVITATION à TEMOIGNAGE